“L’estran”

Only a few were able to come to our contemplative photography event on the shores of the Ottawa River, such is the nature of our busy lives.  But many (perhaps most?) of us have powerful memories of walking along a shoreline and being moved to think about the larger questions of life.

David Lee wasn’t able to attend the event, but he shared the following poem with me and has graciously given permission for me to post it.  Thanks David!

Here is David’s introduction to the poem:

In summer 2008 my wife and I did a 400 km ‘pilgrim walk’ along the St. Lawrence River south shore below Quebec City, similar to our previous ‘Camino’ pilgrimage across northern Spain. This is a beautiful and historic region, deeply rooted in francophone language and culture. I found myself enthralled by the coastline including ‘l’estran’, the strand–the area along the shoreline which disappears at high tide but is fully visible at low tide. It raised questions as to what really exists, and evoked images of the high and low tides of our lives. The result was the following.

(L’estran : n. m.  Terrain entre la marrée haute et la marrée basse.  Métaphorique : endroit qui n’existe qu’une partie du temps, ou qui—partiellement ou entièrement—n’existe point une partie du temps.)

L’Estran
L’estran se révèle petit à petit
Comme le sourire de ma belle
Quand l’amour se dessine
Sur son visage révélateur.
Et voilà : l’espace libérée
De ses contraintes liquides,
Les poissons disparaissent
Les andouilles sinueuses aussi.
Mais, dans la lumière croissante
D’un soleil prometteur
Les crustacées s’étendent et réchauffent
Et les pierres-joyaux flattent les yeux.
C’est le printemps qui s’ouvre
Devant nous, comme dans un théâtre
Quand le rideau se lève
Et tout est possible, tout est à croire.
L’eau descend toujours, créant ainsi
Un nouveau monde, un monde à nous,
Domaine à merveilles, domaine d’espoir,
L’île s’approche. Peut-on s’y rendre?
Dans l’été de la marrée nous avançons forts
Toujours main dans la main, l’eau montant
Inaperçue sur les hanches.  L’île nous invite —
Vierge, mystérieuse.   Insaisissable?
Persévérer?  Ou renoncer?  Les buts,
Les idéaux de cette saison dans la vie
Sont-ils aussi vains
Que des papillons vacanciers?
L’eau monte.  Nous hésitons.  L’île
Nous accoste toujours, sa mine théâtrale
Nous offrant aperçus alléchants
De secrets ne dédiés qu’à nous.
Mais, voyons donc, l’automne a ses
Gloires – belles, même spectaculaires
Quand la marrée, envahissante,
Surmonte les derniers rochers en flèche,
Nous accaparant, nous ravissant, et apportant
Dans ses bagages des aquarelles, des aiglefins,
Qui, fluviaux donc jadis chassés,
Sont maintenant de retour en force!
Glissants, mouillés, les sourires graves mais satisfaits,
Têtes hivernales, mains entrelacées,
Leur remontée se joigne au retour de l’eau :
L’estran de la vie se ferme.
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